Quels changements ?.... Pour qui ? ... Lettre de l’ANDAC N°9 - Décembre 2002

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ASSURANCE MALADIE* : REGROUPEMENT DES CAISSES, REGROUPEMENT DES FAIBLESSES ?

*(et bientôt les autres !)

Parmi d’autres oukases, on lit que le MEDEF ne veut pas revenir siéger dans les organismes sociaux si le réseau n’est pas plus resserré. Par ailleurs, on note que les concentrations sont à la mode dans le secteur privé.

Voilà donc au moins deux bonnes raisons de regrouper les caisses ou plutôt, selon la terminologie officielle, de "reconfigurer le réseau". S’il en fallait une troisième, on regarde la strucure actuelle de la pyramide des âges et l’on se dit qu’elle ouvre un boulevard aux regroupements dans les cinq/dix années à venir.

Il convient donc d’abandonner la notion "small is beautiful", ce n’est plus "tendance". Il faut resserrer les rangs pour faire face aux nouveaux défis !

Pour l’assuré, face aux regroupements, pas de changement. Il bénéficiera de son guichet de proximité, de sa performante plate-forme de services, de sa carte VITALE et de son décompte a posteriori.

Alors, pour qui le changement ? Pour les directeurs, bien sûr, en premier lieu.

Directeurs délégués, sur site déconcentré, cela a quand même moins de "gueule" que directeur de la caisse de...mais "Directeur Général" cela devrait bien aller au teint de quelques-uns.

Pour les autres, resteront-ils déconcentrés, sur site ? Ne va-t-on pas les regrouper dans un staff régional pour cause de proximité ? Il leur faudra piloter à distance d’improbables structures locales à mi-chemin entre la permanence administrative améliorée et la mini-caisse.

Ces sous-ensembles flous pourront être confiés sur place, au mieux à un agent de direction, au pire à un chef de centre...

Mais bien sûr, les directeurs en place rêvent tous déjà :
- 1- d’une mise en retraite anticipée et, de préférence, dorée (pour les papy boomers),
- 2- de devenie enfin "LE" Directeur Général Régional et pouvoir enfin imposer ses pertinents points de vue et ses brillantes idées de réforme aux collègues,
- 3- pour ceux qui ont moins d’ambition, de se dissimuler dans des structures transversales et groupes de réflexion suffisamment protéiformes pour offrir d’importantes marges de manoeuvres à l’enrichissement personnel (non matériel toutefois)...

Pourtant, tout le monde n’aura pas sa place au soleil et quid des importants effectifs sortant du CNESSS chaque année ?

Par contre, avant même d’en avoir discuté, le sort des Agents Comptables semble réglé à l’avance. Combien d’Agents Comptables dans les séminaires de réflexion engagés par la CNAMTS ? deux (plus le nouvel A. C. national) sur 33 membres désignés, c’est trop !

Pour démontrer la capacité de la Branche à entamer (et à pousser jusqu’au bout ?) des réformes, gageons que les Agents Comptables seront, dès demain, les premiers immolés sur l’autel des restructurations.

Qui va défendre ces empêcheurs de tourner en rond ?

Les assurés ? Encore faudrait-il qu’ils supputent l’existence de la profession, son rôle...et sachant cela, seraient-ils nombreux à désirer le maintien de cette profession, pourtant garante de la justesse et de la régularité de leurs prestations ?

Les conseils ? Certains ignorent encore, malgré toute la pédagogie développée par la profession, ce que fait au quotidien un Agent Comptable. On ne voit pas en quoi ils pourraient se sentir impliqués.... notons au passage que beaucoup d’administrateurs perdront leurs représentations dans les fusions, mais n’y a-t-il pas justement une crise des vocations chez nos camarades syndiqués ?

Les Directeurs ? Certains se rappelleront qu’ils ont été Agents Comptables, d’autres encore, trop rares, diront qu’ils travaillaient bien en tandem. mais quel crédit accordent-ils aujourd’hui à la fonction d’Agent Comptable ? Imaginons que beaucoup trouveront satisfaction à pouvoir (enfin ?) diriger seuls, en paix, et sans contre-pouvoir.

Alors, en définitive, cela peut gêner qui ?

Pas les futurs Agents Comptables Régionaux qui, toutefois, à force d’enfler, risquent de devenir comme les grenouilles de la fable. Mais les places seront :

- rares (un bon moyen de résoudre le problème de la désaffection pour ces postes, rencontrée dans les petites et moyennes caisses ?)
- chères Comment exercer sa responsabilité personnelle et pécuniaire à grande distance ? Par des délégataires bien sûr ! A condition de pouvoir :

* les choisir
* leur accorder un maximum de délégation et de confiance
* s’assurer qu’ils font bien, dans leurs lointaines unités de travail, le métier pour lequel ils ont été désignés et pas d’autres tâches considérées comme plus prioritaires (comme par exemple faire pédaler l’équipe sur la crête des retards).

Alors, s’il n’y a personne pour défendre la profession, reste-t-il au moins un coeur de métier ?

Il est vrai que depuis quelque temps, sur le plan technique, la validation de flux magnétiques, le pointage et la récupération de multiples créances, ne nécessitent plus une technique bien pointue mais plutôt des effectifs de galériens. Le contrôle interne est en panne, la paye part comme elle peut, (de préférence quand même à l’échéance), l’informatique est livrée en l’état et bien fol serait celui qui refuserait d’appliquer un programme mité mais par ailleurs, tellement attendu pour résorber les stocks.

ALORS, DE TOUT CELA, IL CONVIENT DE TIRER LES LECONS...

A suivre...

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