Statufiés et isolés OU dynamiques et solidaires ?

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Notre collègue André Perros, AC de la CPAM de Vannes, nous livre ses réflexions sur les perspectives de notre fonction d’Agent comptable

Cher(e)s collègues,

Permettez-moi en ce début d’année de vous présenter tous mes vœux de belle et heureuse année 2006 ainsi qu’à l’ANDAC notre Association qui, je n’en doute pas aura encore à cœur de défendre les intérêts des dirigeants des Agences Comptables.

L’épineux dossier de la responsabilité a fini par trouver une issue. L’avenir nous dira si ce texte est plus adapté lorsqu’il sera confronté à des cas concrets.

Un nouveau dossier s’ouvre avec le protocole de juillet 2005 et l’évaluation des Agents Comptables et son corollaire : la part variable du salaire.

Avec ce dossier on abordera forcément la mesure de la performance des Agents Comptables et de leurs équipes. Et c’est là qu’il ne faut pas à mon avis se tromper de cible.

Va t-on dans ce contexte s’arc-bouter à notre statut pour demander des moyens ? et exiger une reconnaissance à travers celui-ci ? ou prendre le parti de s’inscrire dans la performance et son corollaire la mesure de nos résultats ?

Personnellement je vois mal l’articulation entre la mesure de la performance et le respect d’un statut.

Autant la première implique dynamisme autant le second paraît statique voire rigide.
Bien sûr le statut est important, d’ailleurs il est reconnu par les textes et point n’est besoin de le brandir comme un étendard.

La question est plutôt : Que faire de ce statut ?

Pour schématiser, les deux grandes missions de l’Agent Comptable : disons qu’il est le teneur des comptes et responsable d’un certain nombre de contrôles qu’il opère dans les secteurs des paiements, des sécurités informatiques, etc...

Je tiens les comptes pour quoi faire ?
Je contrôle pour quoi faire ?

A ces deux questions apparemment évidentes la réponse est radicalement différente :

- selon que l’on est partisan du statut : je fais ce que m’ordonnent les textes et pour cela je veux des moyens en rapport avec ma mission (dans cette logique l’évaluateur est la tutelle)

- ou que l’on est partisan d’une approche dynamique qui positionne l’Agent Comptable comme un acteur à part entière qui contribue à l’atteinte des résultats de la Caisse.

Dans le domaine de la tenue des comptes, la réponse vient de nous être donnée récemment avec la certification qui donne du sens à notre métier de teneur de compte et démontre aussi le lien nécessaire avec le Directeur dans ce domaine.
(N’oublions pas qu’il y a pas si longtemps, avant PRESTIJ, la ventilation des dépenses se faisait mensuellement (la VAD) et tenait lieu à la fois de chaîne comptable et statistique.

Dans le domaine des contrôles, la problématique semble plus complexe et le sens plus difficile à faire émerger entre les concepts de :

- contrôles comptables
- contrôle contentieux
- contrôle G.D.R.
- contrôle des sécurités
- contrôle interne, et maintenant
- les Plans de Maîtrise qui englobent le contrôle interne et la certification ISO.

Dans ces nouvelles approches où tout est dans tout, difficile de trouver son chemin en dehors du "statut" auquel il peut paraître salutaire de s’accrocher.

Je crois que ce serait une erreur et certainement l’appauvrissement définitif de notre fonction.

Mais, laisser le statut au second rang ne signifie pas l’abandonner, il devient simplement subsidiaire de l’objectif principal : contribuer à l’atteinte des objectifs de l’organisme dans nos domaines d’intervention :

- tenue des comptes / certification
- qualité de service
- qualité des paiements et des fichiers
- détection et prévention des fraudes et anomalies de tous genres
- mesure de la pertinence du dispositif de maîtrise.

Bien sûr, c’est plus exigeant, et peut être plus "risqué", mais ne sommes-nous pas cadres dirigeants !
Le risque est mesuré dès lors qu’il y a évaluation et objectivation des choix, le tout sur la base d’un contrat qui associe le Directeur qui a lui-même une obligation de résultats.

Les deux sont associés et ont un intérêt commun à réussir. La performance de l’un est indissociable de celle de l’autre.

L’introduction progressive dans les CPG d’indicateurs de qualité liés au contrôle interne est un signe encourageant et il faut l’accentuer encore.
L’ardente obligation de prévenir la fraude et de poursuivre les fraudeurs va aussi dans ce sens, tout comme les préconisations de la Cour des Comptes.

Dans un tel contexte, les effectifs de l’Agent Comptable ne sont plus des moyens "enlevés" au Directeur mais une ressource et des compétences qui contribuent aux résultats de l’organisme tout en lui permettant de respecter ses obligations en matière de responsabilité personnelle.

Je pense que nous avons intérêt à réussir cette évolution si l’on veut tirer la fonction vers le haut et ne pas la réduire à ses aspects purement réglementaires et minimalistes.

Je souhaite que l’ANDAC se positionne clairement sur ce sujet et qu’un débat s’instaure entre nous.

De plus en plus de situations d’Agents Comptables seront en discussion à l’occasion de regroupement ou de fusion (le mouvement a déjà commencé).

Si nous ne prouvons pas notre capacité à apporter notre contribution aux résultats (CPG notamment) je pense que notre fonction sera irrémédiablement réduite à ses aspects statuaires et donc minimalistes et sans garantie (un texte ça se modifie).

Dans une telle optique, il suffira bientôt d’un Agent Comptable régional, assisté de comptables secondaires par entité.

Est-ce cela que nous voulons !

Le débat est ouvert...

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