Sinistrose sous le soleil, exactement

Lettre de l’ANDAC N°10 - Octobre 2003
lundi 15 septembre 2003
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C’est vrai qu’il faisait beau à ARCACHON et à BIARRITZ ces jours derniers quand se tenait respectivement la Com-mission Nationale des Agents Comptables, puis celle des directeurs de l’Assurance Maladie « une belle arrière saison ».

Et pourtant, à part les consultants, chacun faisait grise mine, car contrai-rement à l’habitude -en effet, depuis quelques années on jouait plutôt à Jean-qui-pleure (les agents comptables) et à Jean-qui-rit (les directeurs)- la morosité s’était emparée de l’ensemble des participants.

Après les journées de l’Assurance Maladie de NICE où, malgré le slogan local scandé comme un leitmotiv (Nice is nice), chacun était resté sur sa faim et beaucoup répartis « AM-aigris » : aucun contenu et des concepts creux, bref le vide sanitaire pour la branche santé. Mais, avec le recul, on conviendra qu’il devait s’agir d’une préparation psychologique à l’inconsistance de ses journées de rentrée.

En effet, l’organisation de ces séminaires avait été réglée par les consultants de la CNAMTS pour mieux tenter d’encadrer, canaliser, orienter les travaux et débats sur des thématiques accessoires l’enfermement des participants dans la technique servant de pare-feu à l’intrusion dans le champ réservé à la seule Caisse Nationale de la réflexion politique.

Exclusion donc des dirigeants, directeurs compris, de ce périmètre et prise de conscience de la mainmise et des initiatives de plus en plus envahissantes que s’arroge la CNAMTS dans le domaine de l’organisation interne des caisses, après avoir déjà confisqué l’informatique, la communication, sans parler des Ressources Humaines, la modélisation, la mutualisation, la certification contribuant efficacement à l’homogé-néisation et à la normalisation du réseau.

La reconfiguration s’opère donc irrésistiblement, comme d’aucuns ont pu l’entendre ou le comprendre, de manière rampante ou « à bas bruit ».
Douloureuse prise de conscience pour le plus grand nombre, et même certains courtisans attitrés, de moins en moins enthousiastes.
Désabusés, aussi les directeurs qui s’étaient satisfaits des prémisses de la relégation et du démantèlement de la fonction d’agent comptable qui leur était offerte en pâture comme un os à ronger (le COMEX envisageant même la remise en cause de leur statut de dirigeant !).
Car derrière la refonte des textes concernant le statut (voire l’appellation) de l’agent comptable, c’est toute la restructuration de notre Institution qui se profile et toucher à ce dernier n’a pas pour objet de revaloriser en contrepartie le pouvoir et le statut des directeurs ou des Conseils.

Bien au contraire, c’est plutôt la voie ouverte à une remise en cause générale et à une concentration du pouvoir entre les mains de la Caisse Nationale. L’existence et le positionnement actuels de l’agent comptable, ne l’oublions jamais, sont centrifuges et symboliques dans notre système où tout est lié : ils renvoient à la nature de notre financement et à l’autonomie des Caisses, et dans l’affaire, c’est d’abord la pérennité de cette dernière caractéristique qui est en jeu.

DOMINIQUE HENON PRESIDENT DE L’ANDAC


A bon entendeur : le rôle de l’agent comptable au cœur de notre dispositif est
structurant !

Les projets de réforme qui le concernent en premier en font la démonstration