Difficultés de mise en oeuvre de la réforme de l’Assurance Maladie

Extrait de l’article paru dans le Canard Enchaîné du 27 octobre 2004, sous la plume d’Alain Guédé
mercredi 27 octobre 2004
popularité : 6%

La réforme de la Sécu déraille déjà : l’ Euro baladeur.

Les techniciens chargés de mettre en musique la réforme votée au printemps s’arrachent les cheveux. Principal souci : le recouvrement de la contribution de 1 euro sur les feuilles de soins.

Dans le projet de loi de financement, celle-ci est censée rapporter 650 millions. Autant dire que l’enjeu est de taille. Pour une fois, l’application devait être des plus simples : il suffisait de prélever cet euro sur le remboursement de chaque visite chez le toubib. Or les experts de la Caisse nationale d’assurance-maladie viennent de faire une découverte terrifiante 72 % des actes médicaux sont réglés par tiers-payant (les praticiens sont rémunérés directement par la Sécu). Parmi eux toutes les urgences, les examens de radiologie et de biologie, les prestations des sages-femmes et même les curages podologiques. Bref, tout le Meccano médical.

Initialement, Douste avait pensé charger les professionnels de la santé de cette corvée. Mais ces derniers n’ont pas du tout envie de se transformer en percepteurs. « Si on avait réussi à les convaincre, nous aurions dû les dédommager », soupire un cadre de la Sécu.

Après d’intenses cogitations, le ministère a trouvé une formule géniale : les agents comptables des caisses présenteront chaque année aux patients une douloureuse qui récapitulera le nombre de leurs consultations et indiquera la somme totale à payer. Le seul établissement des factures risque d’être ruineux. Mais il y a pis : la moyenne annuelle des consultations par patient est de douze. Soit 12 euros à réclamer chaque année. « 

Rien n’est prévu pour ceux qui ne répondront pas, et faire appel à un huissier coûterait bien trop cher », constate stoïquement un patron de l’Assurance-maladie.


Article complet à l’adresse Internet suivante :