Nominations institutionnelles et syndrome Bonnet

Lettre de l’ANDAC N°4 - Juin 1999
mercredi 30 juin 1999
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Pour affecter "la bonne personne là où il faut", les ordonnaces de 1996 ont doté l’Institution d’un "Comité des carrières" chargé de participer activement à la détection des candidats directeurs et agents comptables susceptibles d’être proposés par le Directeur de l’organisme national à la sélection par le Conseil d’Administration de l’organisme concerné, le Directeur de la Caisse Nationale disposant d’une compétence liée pour procéder à la nomination.

La formule apparemment simple et d’application récente, élaborée pour favoriser la transparence et le professionnalisme, connaît dans sa mise en oeuvre quelques dérapages regrettables.Parmi les illustrations qui alimentent régulièrement la critique, citons ce cas d’un candidat du régime général non inscrit dans la bonne classe au titre du régime général, postulant un emploi de directeur au titre du régime général, repêché grâce à son inscription sur la liste d’aptitude des ..."NON-NON". Ou encore cette pratique, réelle ou supposée, qui consisterait à sélectionner dans les trois noms des "candidats-alibis", peu susceptibles de faire ombrage au "poulain" de l’organisme national, au risque d’une décision inappropriée du Conseil d’Administration local.

Actuellement, la nomination des directeurs donne lieu à certaines fantaisies dont l’incohérence n’a pour corollaire que l’opportunisme. Ainsi, en cours de partie, les règles et les critères de nomination sont-ils adaptés en tant que de besoin, bien que la nature de la responsabilité soit identique sur l’ensemble du territoire : ici, pour "externaliser" quelque directeur installé mais gênant, jugera-t-on que seules les candidatures de directeurs sont recevables, alors que là, la qualité de directeur-adjoint ou d’agent comptable sera suffisante ;

Confirmant qu’en dépit des procédures les plus sophistiquées, l’empirisme et l’arbitraire ont encore de belles heures à vivre pour désigner "la bonne personne là où il faut", le directeur de la CNAMTS lui-même ne s’interroge-t-il pas ainsi (in revue "Mutualistes", mai 1999) ; "la sélection des hommes ? Arrêtons l’hypocrisie ! Qui sélectionne-t-on à l’heure actuelle ? "

Observation dédiée aux médecins certes, mais assurément applicable aux agents de direction.