Etre Directeur d’URCAM : qu’en pensent-ils ?

Lettre de l’ANDAC N°1 - Mai 1998
dimanche 31 mai 1998
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Dominique Henon a sollicité sur leurs nouvelles missions, nos collègues Agents comptables passés récemment à la tête d’une URCAM.

1) Directeur exceptionnel d’une URCAM qui l’est tout autant, éprouves-tu quelques regrets de quitter la fonction d’Agent comptable que tu as exercée dans divers organismes ?

D. MARCHAND - Directeur d’une URCAM de catégorie "A", je ne quitte pas la fonction d’Agent comptable que j’ai exercée pendant 15 ans sans quelques regrets liés tout autant à la fonction proprement dite qu’à son environnement institutionnel (formation CNESSS, Conseil d’Administration de société de Cautionnement, Association des Agents comptables).

2) Vis-tu ta nomination en qualité de Directeur comme une rupture ou au contraire un aboutissement et un dépassement de tes fonctions antérieures ?

D. BARRY - Il n’y a pas de rupture possible dans la lente capitalisation d’une expérience professionnelle au service de la Sécurité sociale, toute entière fondée sur la pratique de valeurs professionnelles et la réussite d’objectifs communs. Les postes occupés ne sont que les révélateurs d’une volonté de faire et d’un souhait de bien faire

3) Quels atouts votre expérience d’Agent comptable vous fournit-elle pour l’exercice de vos nouvelles fonctions ?

D. BARRY - L’Agent comptable doit être un homme de fermeté et de négociation, de scrupule dans le chiffre et de consensus dans les méthodes, de responsabilité collective et d’humilité personnelle, d’obsession du résultat et de respect des pouvoirs et prérogatives des partenaires, bref un bon profil de Directeur d’URCAM. La gestion matérielle de la dimension financière d’un Organisme de Sécurité sociale me paraît un préalable quasi obligatoire à l’occupation d’un poste de direction générale.

J.P. KETTERER - J’ai pu réaliser tout seul mon budget et j’ai encore tendance à vouloir signer les chèques. Par contre, aucune difficulté pour l’imputation des ordres de dépenses.

4) Certains Directeurs, eux-mêmes anciens Agents comptables, affectionnent une attitude de défoulement, voire de refoulement vis-à-vis de l’Agent comptable de leur Caisse (traduisant peut-être un complexe d’enfant battu). Te sens-tu personnellement exposé à ce type d’attitude ?

D. MARCHAND - Directeur depuis moins de deux mois, je n’éprouve pas encore le besoin de me défouler sur l’Agent comptable.

N’ayant jamais été un Agent comptable persécuté, je ne crains pas trop que cette attitude me concerne.

5) Bien que le rôle de l’Agent comptable d’URCAM soit quelque peu atypique - déjà parce qu’il n’exerce pas à temps plein à l’URCAM - , qu’attends-tu particulièrement de celui-ci ?

J.P. KETTERER - Comme dans tous les Organismes de Sécurité sociale, l’Agent comptable est le second agent de direction de l’URCAM et, même s’il n’exerce pas sa fonction à temps complet, il doit être associé au fonctionnement et aux missions de la structure.

D. BARRY - L’Agent comptable est le deuxième agent de direction d’une structure qui n’en comporte que deux. Il est donc bien clair qu’au-delà de la gestion financière interne, celui-ci doit pouvoir s’investir, en représentation et en action, dans la réalisation des missions confiées à l’URCAM et mettre au service de celle-ci ses connaissances de système d’information et des logiques de la gestion du risque ambulatoire, pour garantir la certification des données et des résultats présentés.

6) Dans les URCAM où la fiabilité des données et de l’instrumentation paraît déterminante pour la crédibilité de la structure, te sens-tu favorisé par l’attention que tu as été amené à porter à cette question en tant qu’Agent comptable ?

J.P. KETTERER - Le système d’information est primordial dans tous les organismes de l’Institution et donc dans les URCAM. La meilleure qualité et la fiabilité des données sont indispensables pour garantir la crédibilité de l’Assurance Maladie. La réaction doit être la même dans ce domaine, que l’on soit Directeur ou Agent comptable.

7) Ne penses-tu pas que l’existence de la dichotomie Directeur/Agent comptable constitue un frein à la dérive privatiste, dans la mesure où le principe de séparation des pouvoirs enracine les Organismes de Sécurité sociale dans le secteur public ?

D. MARCHAND - Comme Agent comptable, j’ai toujours été partisan du maintien de la situation originale ordonnateur/comptable existant dans nos organismes. Elle présente à mon sens le mérite de nous distinguer à la fois du secteur privé où le pouvoir réel est tout entier concentré sur une seule personne et du secteur public où la séparation complète de l’ordonnateur et des comptables entraîne des lourdeurs et des délais souvent peu compatibles avec une gestion efficace.

Devenu ordonnateur, je ne change pas de point de vue.