Bref historique de la Comptabilité

mercredi 31 janvier 1996
par  MAZUROK Joël
popularité : 25%

Durant l’Antiquité, la comptabilité simple consiste à enregistrer d’une façon chronologique
les entrées et les sorties de matière (aujourd’hui on parlerait de flux réel) ou de numéraire (aujourd’hui on parlerait de flux financier).

Cette méthode a été employée jusqu’au Moyen- Age, aussi bien pour la comptabilité publique que pour la comptabilité privée.

Durant le Moyen-Age, le développement du crédit oblige les commerçants italiens à développer ce que l’on a appelé la « comptabilité en partie double » (Cette notion sera présentée ultérieurement). C’est vers la fin du XIII ème siècle, que les commerçants commencent à utiliser cette technique (exemple : les livres de comptes de la Casa di Bonsignori de Sienne).

Au cours du XIV ème siècle, Francesco de Marco Datini (1335-1410) et les Masari de Gênes tiennent des registres de comptes dans lesquels apparaît le compte de « profits et pertes ».

La découverte de l’imprimerie (environ 1440, Gutenberg) va permettre la naissance de la comptabilité moderne : en permettant la diffusion et la généralisation des règles à travers l’Europe, elle favorisera la formalisation au cours du XIXe siècle de nombreuses méthodes comptables de tenue de livres utilisés encore aujourd’hui.

Dans un premier temps, se développe la comptabilité privée. La comptabilité est souvent abordée depuis un angle particulier, ou fait partie d’un ensemble plus vaste. C’est le cas du premier traité de comptabilité connu, le « Tractatus XI particularis de computus et scripturis » publié en 1494, dû à Fra Luca Pacioli (1445-1510).

Aux Temps modernes, c’est le premier livre de comptabilité en français de Jean YMPYN (« Nouvelles Instruction et Remonstration de la très excellente science du livre de comptes, pour compte et mener compte à la manière d’Italie », 1543), qui fait apparaître des notions introduisant la prévision dans la comptabilité sous la forme de provisions et de réserves.

L’ordonnance Colbert / Savary (1673) introduit pour la première fois des obligations comptables. Le « Traité du Parfait négociant » de Savary (1675), recueille les pratiques commerciales et comptables de l’époque.
Enfin, le « Projet de dixme royale » de Vauban apparaît en 1707 comme un ancêtre de la comptabilité publique.

A la même époque sont publiés les premiers traités de comptabilité en partie double, le plus représentatif étant celui de Nicolas Barrême.

L’époque révolutionnaire connaît une montée de l’attention prêtée aux sujets comptables.

Quelques échantillons, concernant la comptabilité privée, sont les Observations sur la comptabilité (1789) ou Sur la nomination des commissaires (1791). Quant à la comptabilité publique, on peut citer « Moyen de simplifier la comptabilité des deniers royaux » (1789) ou « La comptabilité des finances » (1789).

Le XIXe siècle voit enfin le développement de l’enseignement des disciplines comptables grâce à des professeurs illustres tels que Jean-Baptiste Say. Celui-ci développe notamment un traité de comptabilité commerciale dans le deuxième volume du Cours d’économie politique qu’il professe au Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM). On peut noter également l’apparition de manuels généraux, comme celui de Trévery, ou spécialisés, tels que le Traité de comptabilité agricole de Mignot.

Par ailleurs, c’est à la même période que sont créées des écoles de commerce : l’Ecole supérieure de commerce (ESCP) et l’école des Hautes Etudes commerciales (HEC)(voir Les écoles supérieures de commerce de J. Siegfried, 1870).

Voir l’historique sur le site de la BNF


Gallica